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L'homophobie trotskiste : une tradition de haine et de mépris... Les hypocrites de l'organisation LUTTE OUVRIERE et l'homophobie...

Photo du rédacteur: PLATEFORMEJAUNE
PLATEFORMEJAUNE
19 sept. 2024
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 juil.

PUBLICATION MISE A JOUR LE 07/07/2026



Il est toujours amusant de voir les organisations politiques se contorsionner pour justifier leurs positions contradictoires … et de colporter des calomnies à l’égard de leurs adversaires politiques du mouvement ouvrier…  


Lutte Ouvrière, l'organisation trotskiste française, n'échappe pas à cette règle. Alors que ses militants se présentent comme des défenseurs des opprimés, leur organisation a une longue tradition d'homophobie qui remonte aux années 70.

Commençons par le commencement.


Aujourd'hui, Lutte Ouvrière essaie de se débarrasser de son image d'organisation homophobe. Mais il est trop tard. Les écrits de Trotski sont toujours là, et ils continuent à inspirer les militants de l'organisation. Il est temps de reconnaître que l'homophobie trotskiste est une tradition de haine et de mépris qui ne peut pas être effacée.


Il est ironique de noter que Lutte Ouvrière continue à se présenter comme une organisation qui lutte pour les droits des opprimés. Mais il est clair que cette lutte ne concerne pas les personnes homosexuelles, qui sont toujours considérées comme des "anormaux" et des "échecs" de l'évolution sexuelle. Il est temps de changer de discours et de pratique. Mais cela exigera une certaine dose de courage et d'honnêteté, qualités qui sont encore rares dans les organisations dans les organisations politiques.


Il est également intéressant de noter que Lutte Ouvrière a toujours refusé de reconnaître ses erreurs et de s'excuser pour les préjudices causés aux personnes homosexuelles. Au lieu de cela, l'organisation a préféré se débarrasser de ses anciens écrits et de ses anciennes positions, en espérant que personne ne se souviendrait de son passé homophobe.


Ces positions ont ouvert la voie à des errements de militants ouvriers qui aujourd'hui ont pris conscience de la gravité de ces positions réactionnaires et discriminantes. En effet, comme le note l'historien et militant homosexuel, Didier Lestrade, "les positions homophobes de Lutte Ouvrière ont eu des conséquences néfastes pour les militants homosexuels qui se sentaient exclus et stigmatisés par le parti." (Lestrade, 2007, p. 123)


Cependant, il aurait été injuste de ne pas évoquer, selon nos recherches, un article de 1978 du journal "Le Monde", qui rapporte que "Lutte Ouvrière a invité des représentants du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) à participer à sa fête annuelle, où le parti s'est engagé publiquement à défendre les homosexuels et les lesbiennes." (Le Monde, 1978)


Cependant, les positions homophobes de l'organisation ont laissé des traces et ont contribué à un climat de méfiance et de stigmatisation envers les personnes homosexuelles.


1975 : la pièce imprimée, et son ironie


Quatre ans après avoir ravalé les publications du Front homosexuel d'action révolutionnaire à la hauteur de « graffitis de pissotière », Lutte Ouvrière livra sa position la plus explicite. La scène a une date : le 18 février 1975, dans le numéro 338 de son hebdomadaire. L'organisation y répondait à un lecteur, un certain D.T. de Levallois, qui l'avait félicitée d'un article jugé plus ouvert qu'à l'accoutumée, non sans l'exhorter à se défaire du « carcan bourgeois et stalinien » pesant, selon lui, sur sa vision de la sexualité. La réponse ne céda rien. Combattre les préjugés et les brimades subies par les homosexuels était, concédait-elle, « un devoir ». Mais elle refusa le pas suivant. Idéaliser l'homosexualité, la déclarer aussi « normale » que l'hétérosexualité, reviendrait, tranchait-elle, à idéaliser ce qui n'est « qu'un des nombreux comportements aberrants engendrés par la société bourgeoise ». Que le reproche de conservatisme lui vînt de son propre lectorat ajoute à l'aveu.

Contre la prison, mais pour le diagnostic

Cette double posture demande à être nommée avec exactitude, car elle commande tout le reste. Lutte Ouvrière ne réclama jamais la prison pour les homosexuels ; sur ce terrain, rien ne saurait lui être reproché. Elle les rangeait pourtant, officiellement, parmi les victimes d'une pathologie née du capitalisme. La formule qu'en rapportent d'anciens militants dit la chose sans fard : l'homosexualité serait « une maladie provoquée par la société bourgeoise, qui disparaîtra sous le socialisme ». Ne pas réprimer un malade, ce n'est pas le reconnaître ; c'est le réduire à son mal supposé.


La pédagogie interne, selon d'anciens adhérents

À ce discours public se serait ajoutée une formation moins présentable. D'après des témoignages concordants, des « fiches de stage » auraient servi, du début des années 1970 à la fin des années 1980, à instiller chez les recrues une défiance envers les homosexuels. On les assimilait tour à tour aux délinquants, aux toxicomanes et aux malades psychiatriques, avant de les déclarer inaptes, du fait de leurs « problèmes personnels », à devenir des militants révolutionnaires. Ces feuillets, que l'on détruisait après lecture, n'ont laissé nulle trace publique. Nous les rapportons donc comme témoignages, et non comme preuves.


La condition faite aux militants homosexuels

Un adhérent des années 1968 à 1974 confirme le climat. Les organisations homosexuelles y essuyaient railleries et plaisanteries parfois douteuses, jusque chez des dirigeants en vue. L'organisation, qui n'avait pas échappé à la régression stalinienne des mœurs, n'admettait des homosexuels qu'à la condition qu'ils tussent leur orientation. Deux craintes s'y nouaient : heurter les préjugés ouvriers, très vifs alors, et prêter le flanc au chantage policier. La discrétion exigée valait aveu ; la rigidité de son dirigeant historique sur ces sujets n'y fut sans doute pas étrangère.

Le courant lambertiste : l'injure érigée en culture

Le trotskysme lambertiste, lui, aura porté la chose à un degré supérieur. D'anciens militants de l'Organisation communiste internationaliste décrivent un milieu de virilité ostentatoire, où « pédé » tenait lieu d'insulte cardinale, où l'on plastronnait de n'être pas des « fiottes », et où circulait, par dérision, le sobriquet de « nazi de gauche ». L'homophobie n'y était pas tue : elle s'affichait, comme un titre de bravoure.


L'honnêteté commande une distinction


Une réserve s'impose ici, et la taire ruinerait la crédibilité de l'ensemble. Le mouvement trotskyste, pris dans sa masse, ne s'en tint pas là. Dès le milieu des années 1970, il produisit une abondante littérature en faveur de la libération homosexuelle. La Ligue communiste révolutionnaire fit paraître Oui, le socialisme en 1977, puis Le droit d'être homosexuel et lesbienne en 1981 ; le Socialist Workers Party américain publia Gay Liberation Today en 1977, son homologue britannique The Word is Gay en 1979 ; le Secrétariat unifié de la Quatrième Internationale y consacra une résolution en 2003. La liste, reproduite plus bas, court de 1923 à 2006. C'est précisément ce mouvement d'ensemble qui isole Lutte Ouvrière : là où les autres avançaient, elle s'entêta, et elle observe aujourd'hui encore un silence obstiné sur les violences que subissent les homosexuels des classes populaires.



L'inversion démasquée


Le dossier est peu fourni en documents, mais sans ambiguïté sur le fond. Lutte Ouvrière n'exigea jamais la répression ; elle se borna à tenir l'homosexualité pour un rebut de la société bourgeoise, et à l'imprimer, en 1975, dans son journal. Que ce courant, ou ses continuateurs, décernent aujourd'hui des brevets d'homophobie ne résiste pas à l'examen de leurs propres archives. Une fois établis, les faits ne se récrivent plus.


Sources — Lutte Ouvrière


  • Lutte Ouvrière n° 338, 18 février 1975, rubrique « Dans notre courrier », réponse « À propos de l'homosexualité ». Texte intégral reproduit dans la discussion citée plus bas.

  • Lutte Ouvrière n° 335, 28 janvier 1975, article de Jacques Morand.

  • Lutte Ouvrière, 1971, à propos du FHAR. Propos reproduit dans Benoît Bréville, « Homosexuels et subversifs », Le Monde diplomatique, collection Manière de voir n° 118, 2011.

  • Témoignages concordants d'anciens militants de Lutte Ouvrière et de l'Organisation communiste internationaliste, forum des marxistes révolutionnaires.

  • CUARH, lettre ouverte à Arlette Laguiller, 1983.



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