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Expulsion de l'imam Mahjoubi ultra-réactionnaire une décision liberticide - une analyse selon le prisme de MARX

Dernière mise à jour : 26 févr.



Dans une récente décision qui a suscité à la fois soutien et indignation, le gouvernement a choisi d'expulser l'imam Mahjoubi après qu'il a tenu des propos à l'égard du drapeau français, qui ont été qualifié comme une apologie du terrorisme et une incitation à la haine. Bien que ses paroles soient indéniablement réactionnaires et obscurantistes, notre positionnement marxiste exige une analyse nuancée de cet événement. L'imam Mahjoubi incarne cette forme de réaction que Karl Marx décrivait lorsqu'il traitait des forces contre-révolutionnaires qui s'accrochent aux vestiges de l'ancien ordre féodal. Marx affirmait, comme dans la préface de "La contribution à la critique de l'économie politique" (1859) : "À une certaine étape de leur développement, les forces matérielles de production entrent en conflit avec les rapports de production existants." Les propos de l'imam apparaissent ainsi comme le conflit idéologique d'un ordre anciennement dominant, comparable à ceux des monarchies réactionnaires dépassées de la péninsule arabique ou du Maroc.


Nous de PLATEFORMEJAUNE, tout en rejetant violemment les critiques réactionnaires du drapeau tricolore de Mahjoubi, tenons à souligner que notre critique du nationalisme français émane d'un tout autre horizon – celui du mouvement ouvrier et de la critique communiste des symboles bourgeois.


Pourtant, nous considérons la décision d'expulsion de l'imam comme une atteinte aux libertés individuelles, non pas par sa nature prétendument raciste – accusation que nous rejetons – mais par son caractère liberticide. Marx, revenant souvent sur la question de la liberté d’expression, considérait la Révolution Française comme un processus de libération vis-à-vis de l'oppression féodale, une transformation vers une structure sociale plus avancée.


En condamnant l'expulsion de l'imam, PLATEFORMEJAUNE reconnaît la possibilité de tenir des discours erronés même si ceux-ci sont rétrogrades ou insensés. La sécurité que cette décision pourrait éventuellement compromettre pour sa famille et ses enfants ne peut être ignorée. Pour nous, chaque individu, y compris les plus méprisables d'un point de vue de classe politique, devrait avoir la possibilité d'exprimer ses opinions sans craindre pour sa vie ou celle de ses proches.


En ce sens, nous percevons l'expulsion de l'imam Mahjoubi comme un précédent dangereux pour tous les militants, y compris ceux qui s'opposent aux symboles du nationalisme bourgeois, qu’ils soient communistes ou anarchistes. Dans "La Guerre civile en France" (1871), Marx a écrit, "La liberté consiste à transformer l'État de bureaucratie et de patriarcat en un organisme au service de la société, en le débarrassant de tous ses attributs de l'autorité." Ainsi, nous nous méfions des implications potentielles de cette expulsion sur les libertés de l'ensemble des classes laborieuses.


Nous espérons pour la famille de cet homme que des solutions justes et humaines seront trouvées, et que, loin de toute complaisance ou soutien à l'islamisme, la critique communiste de la religion, y compris de l'islam reste distinguée de tout racisme ou xénophobie.


Faut il rappeler que Marx voyait la Révolution Française comme une étape progressive dans l'histoire humaine, en témoignent ses multiples écrits sur l'événement qui ont façonné la société moderne. Il apparaît donc nécessaire de rappeler que toute critique des valeurs de la révolution française doit être également mesurée à la lumière du progrès qu'elle a historiquement incarné contre l'Ancien Régime féodal. Continuant dans cette veine critique, il est essentiel de comprendre que si Marx valorisait la Révolution Française comme une rupture nécessaire – rendant possible un changement socio-économique essentiel et marquant la fin de l'oppression féodale. PLATEFORMEJAUNE est partisan de la liberté d'expression, même pour les idées les plus inacceptables par la majorité. En effet, pour nous, la liberté d'expression est un composant fondamental de la lutte pour une société vraiment émancipée. Ainsi, bien qu'il soit difficile de prêter quoi que ce soit de progressiste à l'imam Mahjoubi et que ses discours et agissements représentent tout ce à quoi nous, en tant que communistes marxistes et communistes-anarchistes, nous opposons, notre position se fonde sur la défense des droits fondamentaux qui bénéficient à l'ensemble de la société, y compris aux éléments les plus réactionnaires. Nous craignons que de telles mesures répressives puissent établir un précédent permettant l'oppression de toute dissidence, notamment celle émanant des milieux du socialisme révolutionnaire. Ce faisant, nous distinguons clairement notre critique du nationalisme français de celle de l'imam. Pour Marx, la religion est l'opium du peuple, une critique qu'il exprime non pas dans une logique d'oppression mais dans celle d'une libération des chaînes de l'illusion. Nous ne cautionnons donc en aucun cas l'islamisme et rejetons les groupes gauchistes qui s'y associent de manière opportuniste, masquant leur confusion entre une réelle critique marxiste de la religion et un soutien inconsidéré à des forces régressives.

Notre position s’efforce de faire preuve de discernement dans la distinction des critiques et des expressions de mécontentement envers l'État et les symboles de la nation. En définitive, la lutte pour un monde socialiste est une lutte pour l'extension des libertés – pas leur restriction – pour que tous les individus soient libres de s'exprimer, mais aussi libres de s'émanciper des illusions aliénantes.

En marquant notre opposition ferme tant à l'islamisme qu'à toutes formes de purges répressives et silencieuses, nous tenons notre ligne : défendre la classe ouvrière tout en s'opposant aux courants qui tentent de saper ses fondements par des discours qui ne servent que les intérêts de l’oppression et non ceux de la libération. La juste mesure, telle que l'envisagerait un marxiste conséquent, se trouve entre la condamnation des propos réactionnaires et le maintien des droits individuels fondamentaux qui servent de socle à la lutte pour le progrès humain. En faisant écho à Marx, nous nous rappelons qu'il considérait la libre expression des idées comme un vecteur indispensable à l'émancipation des masses. Dans "L'Idéologie Allemande" (1845), il déclarait : "Les idées ne peuvent jamais être autre chose que la représentation fidèle de la réalité." Il est donc impératif de laisser circuler librement les idées, fussent-elles réactionnaires, pour qu'au travers du débat et de la critique, la représentation la plus fidèle de la réalité émerge, permettant ainsi à la société de progresser.


Cependant, cette position ne consiste pas à tolérer passivement les paroles réactionnaires, mais au contraire à les confronter activement dans le cadre d'une société ouverte où le débat est encouragé. Il est crucial que chaque expression idéologique puisse être dénoncée à travers le prisme de l'analyse marxiste, qui vise non pas à opprimer la voix des dissidents, mais à faire triompher la vérité dans la lutte des classes.


La décision d'expulser l'imam Mahjoubi, bien qu'elle ne soit pas sans fondement au vu des allégations sérieuses portées contre lui, ne doit pas se transformer en outil de répression générale. La peur d'un préjudice possible pour l'image de la nation ne peut justifier l'érosion des droits si durement acquis durant des siècles de lutte des classes. Il est de notre devoir de protester contre l'oppression sous toutes ses formes, et d'exiger une société où la liberté d'expression reste sacrée et défendue.


Sur ce sujet précis, rien n'est plus pertinent que les mots de Marx dans "La Question Juive" (1844), où il met en lumière l'importance de la liberté comme fondement de la démocratie : "C'est seulement quand l'homme réalise sa volonté dans un être humain, et donc en même temps dans un autre homme que cette volonté est une action réellement humaine." L'expulsion de l'imam pourrait paraître séduisante pour certains qui voient en lui un ennemi, mais l'acte lui-même n'est-il pas contraire à l'esprit des Lumières et de la Révolution que Marx tenait en si haute estime ?


En définitive, tout en reconnaissant les aspects nuisibles et rétrogrades du discours de l'imam Mahjoubi, nous estimons qu'il est essentiel de préserver notre droit à la dissidence, même si cette voie peut parfois sembler inconfortable ou dangereuse.


En rappelant la position de Marx sur la Révolution française, nous devons intégrer que la critique d'un symbole national ne devrait pas être passible d'une telle sanction, sans pour autant cautionner la rhétorique utilisée. Au cœur de la pensée marxiste, la critique de la nation et de la religion doit toujours être pratiquée dans une optique d'émancipation et d'analyse de la structure économique et sociale qui façonne ces idées, et non d'une attaque aveugle contre la diversité des pensées.


Dans notre analyse critique de l'affaire de l'expulsion de l'imam Mahjoubi, il nous paraît également indispensable de dénoncer la complaisance de certaines factions de la gauche bourgeoise, notamment celle incarnée par La France Insoumise (LFI) et ses "idiots utiles" de la nébuleuse gauchiste trotsko-léninienne-stalinoïde, qui apporte un soutien inconditionnel à l'islamisme par opportunisme électoral. Une telle posture non seulement trahit les principes de la lutte de classe en s’alliant avec une idéologie fondamentalement réactionnaire et patriarcale, mais offre également un boulevard à l'extrême droite, qui apparaît alors comme seule véritable opposition à l’extrême droite islamiste qui a pour programme la restauration d’un régime fasciste et féodal. Cette alliance objective, dépourvue de toute analyse de classe conséquente, non seulement discrédite la gauche aux yeux de l'électorat traditionnellement ouvrier et populaire mais tend aussi à isoler et à abandonner les travailleurs musulmans qui luttent contre l'oppression au sein de leur propre culture et religion.


Marx était indubitablement critique envers toutes les institutions qui cherchent à maintenir le statu quo de l'exploitation et de l'oppression, y compris les institutions religieuses, qu'il considérait comme un instrument de la domination de classe. Toute concession idéologique faite à l'islamisme, sous couvert d'un pseudo anti-racisme ou de défense des minorités, est un affront à ce principe. Elle ignore la lutte nécessaire contre toutes les apparences de l’aliénation religieuse qui entravent l'émancipation humaine, et place la gauche dans une position de faiblesse, la rendant vulnérable à la récupération politique par l'extrême droite.


Le rôle d'une vraie extrême-gauche révolutionnaire devrait être de porter un projet alternatif de société, basé sur l’émancipation et l’égalité réelle, et non de se soumettre aux tactiques électoralistes qui la détournent de cet objectif. L'extrême droite profite de cette faiblesse pour se présenter comme la défenseure des valeurs laïques et républicaines, masquant ainsi son propre agenda xénophobe et discriminatoire. Il est de notre responsabilité en tant que marxistes de dénoncer ces approches opportunistes et de veiller à ce que la lutte contre l'islamisme ne cède jamais la place à la stigmatisation de communautés entières, mais se concentre plutôt sur la critique des structures de pouvoir et d'oppression qui alimentent et profitent de l'extrémisme de toutes sortes. Ceux qui se pensent. Être communiste conséquent, c’est faire sienne le chemin de la lutte des classes, qui passe par une solidarité internationaliste avec toutes les victimes de l'oppression, y compris celles de l'islamisme, tout en refusant de servir le jeu des forces politiques qui s’évertuent à diviser pour régner. Il est essentiel de redéfinir notre engagement envers un internationalisme conséquent qui ne se confond pas avec le soutien aveugle à tout groupe sous prétexte de défendre la différence culturelle, lorsqu’en réalité ce soutien sert les agendas réactionnaires et obscurantistes. Être communiste conséquent c’est aussi et toujours être inflexible sur la critique de la religion fussent – elle celle des opprimés. En rejetant cette complaisance inacceptable et en se dressant comme un rempart inébranlable à l'encontre de toute forme d'obscurantisme et d'opportunisme politique, nous persévérons sur le chemin de l'émancipation pour tous.


PLATEFORMEJAUNE continuera donc de lutter pour la liberté d'expression et contre l'oppression, tout en affirmant la nécessité de combattre systématiquement les idéologies réactionnaires et obscurantistes qui menacent la progression vers un monde plus juste et égalitaire. C'est ainsi que nous honorons l'esprit véritable du marxisme et de la lutte pour l'émancipation de l'humanité entière.


NOTE D'HUMOUR NOIRE


Imaginez un instant si notre cher imam Mahjoubi avait eu la délicate idée d'exprimer son point de vue haut en couleur sur le drapeau national, mais dans des contrées où la critique est aussi bien accueillie qu'un végétarien dans une boucherie... Disons, par exemple, en Iran ou en Algérie. En Algérie, si vous envoyez balader le drapeau, ne vous attendez pas à ce qu'on vous offre un billet d'avion pour un retour express en France, mais plutôt à un séjour tout-inclus dans une de leurs prisons 5 étoiles. En Iran, oser blasphémer contre l'emblème national, ce n'est pas la simple recette d'une expulsion qu'on lui aurait servie, mais plutôt celle d'un séjour all-inclusive éternel, un aller simple vers les contrées célestes sans retour, assistance de vol non incluse! Jean GILLOT




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